Ma Cabane au Canada - de Perrine Valli

Un corps nous offre les limites de ses formes. Dans un écrin blanc strié de bandes noires, il cherche ses marques, crée son territoire.

Frontal, il est déstabilisé, déstructuré. Il nous échappe, nous fuit et s’écrase. Le regard est hagard : le chao encore présent. Le corps s’échappe dans un second espace. Intimité, intériorité. Sans envolée lyrique, il se meut : habite l’espace. Avec le temps, il tente de se reconstruire, de se construire. Le spectateur se trouve alors face à un hybride : organique et technique, qui se balance lentement. Plus de rupture cette fois, plus de corps omniprésent d’ailleurs. L’être fait la paix avec lui-même.

Au sol, il revient vers nous. Une épaule dont part un bras esquisse un geste. Un regard, puis repart, revient et s’interrompt. Perrine reprend les lignes de son fort, un peu plus forte, elle quitte l’intérieur pour rejoindre un ailleurs dont nous ignorons tout.

Elle laisse, dans son écrin blanc, un public qui se trouve soudain absorbé dans l’espace de la fiction. Le spectateur fait alors définitivement corps, avec ce corps, qui lui, est absent. On s’interroge sur l’intime, l’universel et puis comme disait Deleuze « il se fait tard, il faut que j’aille me coucher » (Deleuze, Guattari, in Mille Plateaux). On emporte alors avec nous, un peu de magie et quelques points de suspension et d’interrogation, qui peupleront le territoire de nos rêves.

Ecrit par Rémy Besson